L'Arabie saoudite a levé l'embargo sur les importations en provenance du Liban, qui était en vigueur depuis près de cinq ans, une mesure de soutien au gouvernement libanais à un moment où il est confronté au retour de la présence d'Israël dans le sud du pays.
Cette décision devrait apporter un soulagement aux entreprises libanaises affectées par des années de tensions liées au conflit entre le Hezbollah, soutenu par l'Iran, et Israël.
Pour expliquer la reprise des importations en provenance du Liban, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a invoqué les "mesures positives" prises par le gouvernement libanais pour reconstruire des institutions de l'État, a rapporté l'agence de presse officielle saoudienne SPA.
Cette dernière a ajouté que cette décision avait été prise à la demande du président libanais Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam, tous deux entrés en fonction en janvier 2025.
Les deux dirigeants ont le soutien de l'Arabie saoudite mais éprouvent des difficultés à asseoir leur autorité en raison surtout du conflit entre le Hezbollah et Israël
Ils ont publié des déclarations remerciant le prince héritier saoudien, Joseph Aoun affirmant ainsi que cette mesure "contribuera de manière significative à la relance de l'économie nationale et soutiendra un large éventail de producteurs et d'exportateurs libanais".
L'interdiction sur les importations libanaises en Arabie saoudite, qui visait initialement les produits agricoles avant d'être étendue à l'ensemble des marchandises, avait été instaurée en 2021 en raison du trafic de Captagon, une drogue de type amphétaminothéophylline produite au Liban et en Syrie et dissimulée dans des cargaisons de nourriture, de meubles et d'autres produits.
Cette mesure avait alors accentué les difficultés d'une économie libanaise déjà fragilisée par la crise financière de 2019, les exportations agricoles se trouvant ainsi privées de leurs débouchés traditionnels dans le Golfe.
En 2020, les exportations libanaises vers l'Arabie saoudite s'élevaient à environ 240 millions de dollars (208 millions d'euros).
Les États occidentaux et arabes ont toujours affirmé que le gouvernement de l'ancien président syrien Bachar al-Assad et le Hezbollah était à l'origine de la production et du commerce illicites du Captagon, une combinaison de l'amphétamine et de la théophylline.
Le Hezbollah nie toute implication dans ce trafic. Après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, d'immenses usines de drogue avaient été découvertes dans les zones de Syrie encore contrôlées par le gouvernement et dans la région frontalière où le Hezbollah était très présent.
Les relations entre Riyad et Beyrouth sont tendues depuis des années en raison de l'influence du Hezbollah sur les affaires libanaises. Toutefois, le Hezbollah a été considérablement affaibli par les récents affrontements avec Israël.
Voyant une possible évolution de l'équilibre des forces au Liban, Riyad a renforcé ses contacts avec les autorités libanaises pour soutenir les réformes économiques et les efforts visant à limiter l'influence du Hezbollah.
En novembre, Reuters avait rapporté que l'Arabie saoudite envisageait de renforcer prochainement ses relations commerciales avec le Liban, après que les autorités libanaises avaient démontré leur "efficacité" dans la lutte contre le trafic de drogue à destination du royaume.
(Reportage Timour Azhari, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)

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